Mercredi 18 juin 2008
The Happening va marquer une nouvelle étape dans la réception publique de Shyamalan. Son adaptation blockbuster en deux parties d’Avatar risque fort de devenir la nouvelle bête noire du studio producteur alors que ce nouveau film continue la radicalisation iconoclaste de son cinéma, entamée avec Le Village.
Mais avant de parler du film à l’affiche, revenons sur les anciens.
 
Les histoires plaisent. Et 6ème Sens à quelques bons moments de mise en scène près doit entièrement son succès à la pénurie d’histoire qui le précède. Tant Mieux.
Ces grands moments formels qui parsèment le film ont amené Incassable. Chef d’œuvre de dramaturgie où chaque ligne narrative venait renforcer les autres avec une puissance égale, évitant l’écueil du film héroïque : la dualité bancale entre les actes mineurs et majeurs, entre l’intime - chiant, naïf - et le public - dantesque, herculéen. Du coup Incassable joue le fantastique sur le mode du chuchotement, du croisement aléatoire. Comme son héro, l’anormale se croise au détour d’un accident ou d’une foule de gare. Il se juge dans le regard inquiet d’une compagne, dans l’estime retrouvé d’un fils pour son père et se vit dans la douleur d’un passage à l’acte moins aisé qu’il n’est conté. 
Alors du coup il sera moins question d’extraordinaire que de blocage traumatique. Moins question de sauveur que de pénitent.
Outre la capacité de Shyamalan à mettre en scène des histoires sensés, Incassable révèle son incroyable dextérité à manier une économie de moyen, rappelant les grandes formes de Hitchcock ou de Kubrick. Le fondu en blanc avant le déraillement du train devient plus expressif que la plus grosse explosion de Michael Bay. La scène de la sortie de l’hôpital rappelle le travelling arrière de Frenzy ou encore le dernier duel de Barry Lyndon: la même prudence, la même délicatesse devant l’effet recherché.
Evidemment tout en signant le seul vrai film de super héro Shyamalan produit le film de super héro le moins avenant qui soit. Ceux qui apprécient peu le cinéma (et la modernité) se méfient, les autres ouvrent l’œil.

Passe Signes, remake inavoué de Trouble With Harry de Hitchcock, où il s’agit de laisser faire le destin, stricto sensus, qui s’occupe mieux des cadavres que quiconque. Spielberg reprendra le message au mot prêt dans sa Guerre des Mondes face à un public aussi peu enthousiaste. Dans Signes comme dans la Guerre la conclusion – la seule qui soit pertinent de retenir – est terrible : rien ne préserve mieux la communauté que son ouverture vers le monde_ l’eau/l’aire, dieu/l’organisme, le hasard/la nature. Alors qu’elle_ la communauté, n’est qu’un conglomérât de frustration et d’affects négatifs liés par l’affection.
Aussi bon soit l’ex père Graham il est nécrosé par sa phobie de la perte, aveugle du coup aux obsessions qui parcourent sa famille. C’est en s’exposant ouvertement au danger qu’on sauve sa famille. L’incapacité à être attentif aux menaces actuelles pour n’envisager comme menace que les remords passés est la grande ligne de Signes.
On peut se demander du coup si les plans qui terminent le film (les seuls qui sous-entendent vraiment une mystique) ne sont pas des pièces rapportées par le très conservateur Gibson, qu’on s’étonne par ailleurs de voir présent ici.

La communauté sera le centre névralgique du Village. Film majeur, déployant un point de vue sur l’Histoire que n’aurait pas renier Tolstoï, bac d’expérimentation où l’on démontre que la peur ne provient pas tant de l’inconnue que de l’itération à outrance et que l’on peut construire un film sur 1h45 de twist et 10 minutes de corpus placé à la fin. Et non plus l’inverse.
Le Village et son final poussif constitue la première transformation de l’écriture de Shyamalan_ et son projet d’adapter Avatar semble le confirmer : aller vers des scénarii plus simples où l’histoire n’est plus un contenu mais un contenant. C’est d’ailleurs la métaphores globale du film : la culture (les croyances, les rites, les histoires contées, etc.) est une enceinte pour les psychoses d’une communauté et ne dit rien sur la vérité.
On comprend que la portée politique (on préfèrera parler d’intérêt) du cinéma de Shyamalan devient évidente avec Le Village. La fable est une manifestation de la politique des hommes. Le saccagement d’une fête par des créatures en tous sens fabuleuses est un acte punitif de la communauté envers ses membres dissidents. 

Une histoire plus simple et l’abandon du twist vont constituer le superbe Lady In The Water, film rejeté par Disney qui rate là le plus beau conte cinématographique de la décennie.
La Jeune Fille de l’Eau joue sur la capacité à être dupe, à accepter comptant un état de fait. Les plus déçu des spectateurs sont sans doute ceux qui attendait une autre fin au film. A l’inverse des personnages qui bien que trompés un temps sur leur fonction renaissent dans l’histoire grâce à leur capacité à croire, à rester attaché à la jeune fille dont il est question. En ce sens le final et son apparition fantastique sont la meilleure récompense qui soit. Une récompense émouvante où le merveilleux ampli le ciel, fantomatique, colossale, majestueux et familier. L’histoire est sauve et elle ne trompe plus. Ce qui est dit est ce qui est.
La contradiction avec le Village, où tout ce qui est conté/raconté voir même ritualiser est faux, n’est qu’apparente. Apparente seulement car Lady est précédé d’un prologue (sic) qui narre avec exactitude le protocole d’exercice qui mènera le début de l’histoire à sa fin. Et pourtant à moins de s’en tenir au rituel décrit (confirmé par la suite), ce prologue est faux. Faux parce qu’il omet l’essentielle de l’histoire, c’est à dire les bouleversements vécus, les subjectivités brisées ou transformées qu’il suppose, les efforts à fournir, les petites fins dont il faut s’acquitter et qui sont autant d’obstacles douloureux et traumatiques pour mériter La fin, la grande.
L’histoire (le prologue) ment à la manière dont elle mentait déjà sur le monde dans Le Village.

Par ailleurs Lady In The Water se rapproche sur bien des points des travaux écrits de Neil Gaiman et de toute cette mouvance qui s’intéresse plus à la manière des histoires qu’aux histoires en elles-mêmes. Ce sont les spirales de mise en abyme sur le rôle du metteur en scène et du conteur, appuyés par le rôle primordial interprété par Shyamalan en personne au sein du film. Mais comme chez Gaiman, le fait de mettre en exergue les mécanismes ancestraux qui forment les histoires n’annule pas la magie de celles-ci. L’exemple parfait de cette dichotomie sourde et muette est la scène dans Le Village où Ivy est poursuivie par une créature. En fait Noah (Adrien Brody) déguisé, le spectateur ayant était préalablement prévenu de la supercherie. Pour autant difficile de ne pas croire contre, difficile de ne pas croire Ivy poursuivit par une créature vraie.
La peur opère, plus forte sans doute qu’elle perd tout encrage raisonnable : pourquoi avoir peur d’un simplet grossièrement déguisé ? Parce que comme le répète inlassablement Allan Moore, il y une magie propre à ces symboles - plans, mots - et à leur irréductible assemblage.
C’est ainsi qu’invisibles la plus part du temps, aisés à nier, les « sangliers herbus » de Lady sont pourtant plus terrifiants que toute chose parce qu’ils mettent en péril cette magie du conte en menaçant de l’achever brutalement. Et en même temps ils augmentent en puissance cette même magie, la rende plus précieuse et plus fragile.
C’est une des superbes idées du film que ces créatures camouflées et la peur qu’elles insufflent. Ou pas. Puisque toute dépendante de la valeur qu’on décide de donner à la fable.

De l’invisible et de la croyance en ce qui est rapporté, il en sera largement question dans The Happening.

Cependant, en même temps que les histoires de Shyamalan deviennent plus simples elles sont aussi plus hermétiques. Extraites de leurs aspects symboliques ou métaphoriques leur intérêt immédiat se fait discret. Le twist de The Village est surtout un extraordinaire pied de nez narratif digne du classique collégien « il se réveilla soudainement et tout n’était qu’un rêve ». L’aplomb avec lequel The Lady file vers sa conclusion, une conclusion en tout point identique à l’annonce du prologue, peut surprendre. Imaginons une comédie romantique où la rencontre s’achèverait en mariage sans le moindre petit accro. The Happening ne va pas inverser ce mouvement.
On a déjà vu un film semblable en 2006, c ‘était l’extraordinaire
The Children of Men d’Alfonso Cuaron, film dont l’histoire suivait une voie si classique qu’elle devenait surréaliste et choquante. Deux termes qui qualifient bien le dernier Shyamalan.





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Lundi 19 mai 2008
Southland Tales 
Richard Kelly, 
2006 





    Notez que ce texte est publié dans la catégorie "humeur", car maintenant que le film commence à être visible en France par l’entremise de la sortie en zone 1 du dvd, on mesure à quel point il est impossible d’en parler. 
Traité à tord aussi de bien de ratage que de film culte,Southland Tales est simplement incompréhensible, miné par une envergure narrative qu’il n’arrive jamais à contrôler. 


Le film partage un déploiement identique à
Donnie Darko
Dans son premier film Kelly avait la bonne idée de mélanger la réflexion métaphysique à une réflexion plus individuelle : c’était le double joug de la fin du monde et de l’étude de mœurs quotidienne. Une double vision réussie. La relative opacité de l’histoire fantastique (les sauts dans l’espace temps, les fissures quantiques) ne gênait jamais la description sociale, elle-même bien équilibrée entre son personnage principale et les sketch annexes de l’histoire. Donnie Darko prenait tout son intérêt et son ambiance si envoutante dans ce melting-pot des genres. Une sorte d’American Beauty moderniste. 
Kelly partageant qui plus est avec Mendes un sens inouïe de la mise en scène, sachant mettre en suspend ses effets les plus tape à l’œil pour agencer une clarté extrême de l’espace et des enjeux. 

Southland Tales s’enracine dans une idée semblable : fin du monde, délire scientifique et/ou mystique, multiples personnages et enjeux universalistes. Mais d’emblée Southland Tales pose problème : le champs narratif dans sa globalité n’appartient pas au film. 
C’est ce que le spectateur apprend dans les dix premières minutes : de multiples écrans de télévision tente de résumer une situations développée vraisemblablement ailleurs. Le film va pâtir de ce manque narratif jusqu’à la fin. Le déséquilibre ne venant pas tant du manque d’introduction que de l’aspect symptomatique de ce manque. Kelly ne maîtrise ni les divers chainons de son histoire ni les enjeux susceptibles d’en naitre. 

On peut ne rien comprendre aux sauts quantiques de Donnie Darko et juger cet aspect du film inopportun. Néanmoins leur enjeux était claire : mettre le personnage principale face à une seconde chance. Seconde chance que le film sait apprécier et développer. Mais concernant Southland Tales, son histoire est aussi riche qu’inutile de bout en bout. La conclusion du premier tiers du film en est encore la meilleure preuve : des militants néo-marxistes essayent de piéger une star de cinéma politisée, voulant en faire le témoin du faux meurtre d’un couple noir par un prétendu flic raciste. Le stratagème échoue, mais quelle importance ? puisque cette histoire n’a aucune répercussion sur le reste du film. 
On ne multipliera pas les exemples. Le film en est infesté. Ainsi les éclaircissements qui arrivent sur la fin ne font ni chaud ni froid tant l’enjeux de ce qu’ils se proposent d’éclaircir est demeuré obscur et confus. 
Kelly ne maîtrise aucune des strates de son film. Personnages et idées, souvent intéressants, s’alignent de la façon la plus artificielle possible. Soyez prévenu qu’on ne regarde pas Southland Tales pour son histoire. Or le cinéma de Kelly est avant tout un cinéma narratif. C’est à dire que la mise en scène sert immédiatement le scenario sans tenter d’instaurer son propre langage. 


C’est donc dans les scénettes qu’on sera forcer de trouver son bonheur. Et quelques une font regretter le résultat si insipide du film : un superbe comédie musicale où Timberlake donne du playback, une confrontation (où chacun avoue tromper quelqu’un) si absurde et proprement incompréhensible que Renoir ne l‘aurai pas renier, une danse si subtilement belle et décalée qu’elle émeut. 
Il y en a quelques autres de ce type pour témoigner des capacités cinématographiques de Kelly. Dommage néanmoins qu’il soit impossible de les lier dans une œuvre cohérente. Surtout que l’approche des personnages n’est pas sans saveur elle aussi : Gellar qui joue à croire qu’elle n’est pas qu’un objet de fantasme, Timberlake qu’il peut être autre chose qu’un chanteur à fillette, The Rock se rêvant scénariste prophète, Bai Ling qui rejoue une version sexué du lapin de Donnie Darko. Quelque chose envoute et intéresse dans cette distribution quasi autobiographique des rôles. 





On pourra se rassurer sur la capacité intacte de Kelly à créer des figures excitantes. A moins qu’on se moque de Kelly. On n’aura peut-être pas tort.








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Mardi 8 avril 2008
Le cas Haneke.





    La bonne Naomi Watts, le très sérieux Tim Roth et le arty Michael Pitt. On a au moins le droit de penser que l’adaptation U.S. d’un des films les plus importants de la décennie européenne passée sent bon.
Le 23 avril sort donc un Funny Games à l’étrange suffixe, remake concocté par Haneke lui-même de son film de 98.
Dix ans, est-ce le temps qu’il aura fallu à l’Amérique pour devenir toute entière un « jeu rigolo » ?

Certains pensent que sur un credo semblable, Caché était plus subtile que Funny Games. Ici et là on en parle en effet du rapport à la violence, du rapport à l’extrinsèque, du rapport au transcendantal : dans Caché, une vidéo sans mobile tel l’idéal de Vertzov qu’on dépose angéliquement, au sens stricte du terme ; des supra individus du spectacle dans Funny Games, qui n’agissent que dans le prolongement  d’un spectateur possible. Il y a des points de comparaisons entre les deux films.
Néanmoins Funny Games gagne la palme de la clarté là où Caché invite maladroitement à l’interprétation subjectivante. Les interviews accordées par Haneke à l’époque montrent qu’il n’y a pas lieux de tergiverser. Funny Games est un film sur la représentation de la violence et le rôle du spectateur au sein de cette présentation. Cela fait sans doute de Funny Games un exercice de style, moins subtile que le psychologique et bourgeois Caché. On oublie alors que la subtilité de Caché est empruntée en partie à Lost Highway.

Si Caché constitue la face lynchéenne d’une problématique, Funny Games se rattache clairement  à Godard est peut se résumer en une version slasher d’A Bout de Souffle.
Les mêmes mécanismes, faux raccords, regard camera, rembobinage live, sont employés. La différence se trouve dans le l’aspect militant du film d’Haneke. Quand Godard joue avec l’image cinématographique et en propose un démantèlement en direct et en toute transparence, il est certes possible d’y voir un désir de mise en garde face à la facilité apparente de l’image et de son message, mais le plus probable est encore l’attachement profond de Godard à l’objet cinématographique qui le mène à en exhiber l’essence, celle du mouvement et du montage, à rendre substantiel la narration elle–même comme un objet fini d’esthétique.
Haneke n’agit pas dans Funny Games pour la beauté de l’art bien qu’il calque complètement les procédés de Godard et son amour pour les idées protocolaires.
Il semble d’abord que le moteur premier du film est l’aversion du cinéaste pour la violence scénarisée. Pointer du doigt que la violence est avant tout une attente de spectateur et un enjeu de spectacle est la grande idée du film. En ce sens il en propose une mise en scène parfaite et adéquate.
Le clin d’œil camera si dérangeant au moment où l’on s’apprête à tuer un chien fonctionne selon la loi de l’offre et de la demande. Vous le voulez, je le fais. Pourquoi dès lors rendre opaque le contrat explicite qui se forme entre le cinéaste et son public ?
Ce même contrat est mis en mal lors de la scène « rembobinage brutale ». Haneke y substitue une libération par la redistribution des rôles. C’est à partir de là que le contrat acquière une véritable fonction réflexive. Il ne s’agit pas de proposer simplement une mise en relief mais de révéler une nature hypocrite, une ambigüité sourde : le désir du spectateur que le contrat soit brisé et que cette cassure, au fond, soit une close propre du contrat. Soyez violent mais punissez-les par la suite afin que le spectacle ne dérange pas.
Mais s’il s’agit d’un désir de catharsis, allez vous détester le film parce qu’il finit mal ? Parce qu’il substitue le happy end conformément admis, celui qui doit replacer le spectateur dans un ordre moral plus justifiable, par un épilogue plus probable, celui où le tueur tue ?
Tant de violence certes, mais une fin heureuse comme seul cadre possible pour en jouir. C’est le schéma que Funny Games rejette et dénonce.

Car de fait on ne jouit pas du spectacle de la violence si cette dernière condamne la narration entière et possède des répercussions sur le final de l’œuvre. C’est tout l’apport puritain du cinéma de genre américain : soit on violente et on est puni, alors on jouit, soit la punition n’a pas lieu, signe que la violence doit être prise au sérieux et honte à qui en a jouit.
Seul Tarantino a su dans ce contexte proposer une voie médiane, celle où la jouissance côtoie sans l’opacifier le problème de la violence et de ses répercussions. C’était le principe des sauts temporels de Pulp Fiction qui permettaient à la fois de jouir du spectacle puis de s’en préoccuper. C’était aussi le rôle des scènes esthétisantes d’History of Violence de Cronenberg qui précédent les inserts de plans gore : le geste violent peut être spectaculaire, ses conséquences, elles, sont moins reluisantes.
Le caractère gratuit que revendiquent les tueurs de Funny Games dans leurs actes entre dans un principe semblable. Le fait qu’aucune excuse ne soit ni proposée ni recherchée, et que cette absence de cause soit elle-même mise en relief dans le film, participe à la déconstruction du contrat. L’excuse, souvent la folie ou le traumatisme, est un lieu d’ingestion, elle permet d’ingérer la violence et son plaisir sans risquer l’assimilation avec le tueur. On ne risque pas, nous, de devenir violent par plaisir, puisque l’on n’est pas fou. Seulement dans le film d’Haneke, les barrières traumatiques sont inexistantes. Quelle différence entre tuer et vouloir que quelqu’un soit tué ?

Ce que donne Funny Games est l’occasion d’une jouissance non pas de la punition mais de l’acte. Vous venez pour jouir mais il faudra trouver ce plaisir dans l’entre-deux moral. Pouvez-vous renier avoir joui lorsque vous pensiez que la punition adviendrait ?
Non sans stupéfaction, les tueurs partent avant leur méfait et reviennent aussi vite. Sans raison ni à leur départ ni à leur retour. Etes-vous vraiment gêné par ce retour, qui est aussi la promesse de l’acte ? Si vous l’êtes, pourquoi êtes-vous venu payer pour voir ce qui se présente sans détour comme l’histoire d’une séquestration ?
Voilà une forme du pamphlet que l’on apprécie par dessus tout, celle de la démonstration par l’absurde : Funny Games premier du nom est violent, particulièrement violent.
Il constitue presque une réponse au Scream de Craven. Sorti un an plus tôt, le film proposait une déconstruction semblable. La proposition de Craven avait le tort néanmoins de réinstaurer le contrat au sein d’un final punitif.
Tarantino est intéressant car Death Proof entretient des liens évidents avec cette « histoire de contrat » de Funny Games.
Chez l’un comme chez l’autre, la jouissance ne se justifie pas, cause d’un manque évident de punition juste. On peut trouver légitime la punition finale de Death Proof, mais il faut alors chercher sa légitimité dans une première partie sans liens, en faire dés lors quelque chose d’un peu artificiel. Seul le spectateur pouvait apprécier moralement cette punition. Problème si on se réfère au monde narratif. Dans le monde de Death Proof, la punition finale n’est pas tellement juste. On vous renvoie à notre critique. Et pourtant la jouissance existe, elle constitue même l’autre versant de Death Proof. Haneke est plus stricte. Funny Games est avant tout la longue expiation d’un spectateur qui a fait vœux de contrat.

Si on parle de Funny Games c’est que l’idée d’un remake est étrange de la part même de Haneke. Qu’ajouter de plus à une démonstration qui souffre assez peu des ses imperfections passagères ?
On en reparle dés que la chose est visible.









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par Armand publié dans : Humeur. communauté : Cinéma
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Lundi 7 janvier 2008


    Il y a un moment où il faut choisir une ligne éditoriale stricte (privilégier l’analyse au point de vue, privilégier les œuvres sur lesquelles on a quelque chose à dire au détriment des œuvres sur lesquelles on aimerait avoir quelque chose à dire, quitte à être anachronique, quitte à ne pas parler seulement du cinéma qu’on aime, quitte à ne pas satisfaire son sens du slogan, j’en passe) afin de ne pas ressembler à n’importe quel blog comme il en pullule partout, surtout, afin de proposer quelques chose qui n’existe pas déjà sur allocine.fr. Puis, il y a un moment où on s’en fout, un moment où le fun narcissique et cynique des classements de fin d’année prend le pas sur l’éthique rédactionnelle.
Oui, les classements ne servent à rien sinon à impressionner les goûts élitistes et la mauvaise foi de son voisin. Non, Retour Sur ne s’épargnera pas de patauger dans les derniers relents alcooliques de la nouvelle année. Voilà donc le top 2007 des meilleurs sorties cinéma. Top où ne figure quasi aucun film asiatique ni aucun film français… car nous les avons tous manqué. Voilà donc un top bancal s’il en est. Le pléonasme trouvera au moins quelques explications logiques pour une fois.


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- L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, d’Andrew Dominik
Où Brad Pitt, barbu, enfouit dans une fourrure, nous livre un personnage crépusculaire au sein d’une longue fable naturaliste sur la place du discours. On reconnaîtra ceux qui ont du goût de ceux qui ont des appétits.
- Les promesses de l'ombre, de David Cronenberg,
Où il est démontré que l’intégrité est un comportement aliéné. On en reparlera, on espère.
- La nuit nous appartient, de James Gray,
Où l’on ne baise jamais.

- Death Proof, de Quentin Tarantino,
Où le féminisme est traité au niveau du machisme, avec la même hype, avec le même constat piteux.
- My Blueberry Nights, de Wong Kar-Wai,
Où il ne se passe rien en dehors d’un cadre qui accroche la beauté au détour d’une love story sans intérêt. Peut-être l’absolu d’un cinéaste qui a, jusqu’alors, traité avec beaucoup de sérieux l’amour.
- Zodiac, de David Fincher
Gerry est un monde seventies dans lequel on tourne autour du pot avec la même envie de rejoindre l’autoroute, au passage d’une épure de la mise en scène.
- 28 semaines plus tard, de Juan Carlos Fresnadillo
Où le zombie sportif trouve pour la première fois sa légitimité.
- Le Rêve de Cassandre, de Woody Allen,
Où le christianisme toujours gagne, non sans avoir coupé des têtes lors de ces plus fâcheux égarements.


    On retiendra la bonne forme du néo-classicisme américain, tant celui des anciens (Gray) que celui des nouveaux venus (Cronenberg, Dominik). La bonne forme des anciens tout court : Kar-Wai et Lynch donnant une leçon de mélo au grand continent, Tarantino signant son meilleur navet. On félicitera le nouveau-né Syndromes and a century, une bonne chose en soi (paraît-il), mais on félicitera surtout le vieux Resnais de ne pas avoir fait de film cette année. Allen poursuit sa renaissance en dent-de-scie avec, dans ce film old-school ironisant sur le social, une bonne pioche en 2007. Johnny To tire trois fois dans le cœur de la cible (Election 1 & 2, Exiled) mais rate une place dans le classement : l’hésitation fait toujours mauvaise impression. Kubrick est toujours mort en 2007. Friedkin tremble de rage et de fatigue, son Bug accuse de l’un et de l’autre. Harry Potter se voit offrir une cinquième illustration, le film offre surtout celle de la suprématie des mots. Smokin’aces ravi aux Simpson la critique aigue des Etats Unis, pendant que Crank ridiculise Snyder et son 300 au rayon cartoon décomplexé. Plus loin vers la gauche l’Asie se porte à merveille : pas moins de deux Kim Ki-duk cette année, un Apichatpong, un Wong Kar-Wai, un Jia Zhang-Ke, un Tsai Ming-Liang, un mauvais Park Chan-Wook, un Yimou, La Cité Interdite, qui prouve à lui seul combien My Blueberry Nights est sublime, et j’en passe. Au niveau des doublons, Ridley Scott nous assure par deux fois qu’il possède toujours aussi peu de talent que son frère (c’est très peu) et Rodriguez a toujours aussi peu d’estime pour le cinéma et le sien en particulier. Pendant que Coppola prépare la naissance d’un immortel, son neveu prépare l’enterrement d’une époque fertile et crédible (crédible surtout semble être le bon mot en comparaison) avec les extraordinaires Wicker Man et Ghost Rider, des leçons de cinéma par l’absurde.
Une année en patchwork donc, à l’image des accents d’Eastern Promises. Et surtout une bonne année pour la lubricité américaine avec, sans exhaustivité, Little Children, Black Snake Moan, We Own The Night.
2008, une année plus proche que la précédente du prochain Malick.


L’écriture de ce top et le retour sur la soixantaine de films que nous avons vu cette année est surtout l’occasion de réaliser que cinématographiquement parlant, 2007 aura surtout brillé en ce qui nous concerne par la création de ce blog, plus que par la qualité générale des films que nous avons vu (mais nous en avons raté beaucoup parmi les plus prometteurs). Vous trouverez la critique de La nuit nous appartient ici, celle sur la trilogie Jason Bourne ici, Death Proof , 28 semaines plus tard ici, ainsi que des billets sur Eastern Promises ici et en ce qui concerne Little Children, et enfin par pour Je suis une légende.
Pour en terminer sur les tops, Chroni'art a publié un top 10/10 ans des plus intéressants. Et je ne dis pas ça parceque leur top se rapproche beaucoup de celui que nous pourrions constituer, mais aussi parceque les critiques vers les films primés sont disponibles via lien.



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Blog cinéma.

par Armand publié dans : Humeur. communauté : Cinéma
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Lundi 3 décembre 2007
De l'adaptation.
(première partie)




   

    Si une question est devenue prédominante dans le cinéma actuel, c’est bien celle de l’adaptation. Hollywood, surtout, les a multipliées ces dernières décennies. Ce qui ne veut pas dire que le cinéma "d’autre fois" en fît l’économie ; en 1924 Fritz Lang adaptait la mythologie des Nibelungen, Lean en 1948 Oliver Twist, Welles lui-même signe des chefs d’œuvre d’après Shakespeare et Kafka. Les exemples rempliraient une encyclopédie. L’adaptation ou le d’après est un vieux processus artistique. Combien de livrets originaux pour l’opéra ? De mythes ovidiens dans la peinture ?
Ce qui est nouveau ou exacerbé du moins dans le cinéma moderne c’est le grappin économique qu’on voit s’accrocher jusqu’à l’absurde à l’adaptation. Rien à voir entre un auteur qui donne naissance à son œuvre dans le terreau d’une autre et l’économie-cinéma qui se met en marche. Qui a adapté l’œuvre culte de Fante l’année dernière ? Hum.

Il y a sans doute un tas de raison, si à moi, les films adaptés de me semblent plus nombreux qu’avant. Le fait que les studios aient intégré ce marché créé nécessairement un bruit de fond plus entêtant que lorsque les auteurs seuls s’en occupent. Qui sait que Kubrick a adapté Schnitzler ?
Mais ce n’est pas ces raisons-là qui nous intéressent, c’est plutôt la forme moderne des adaptations, qui marque peut-être pour le coup une vraie rupture d’approche. Une rupture intéressante parce que symptomatique de ce qu’est une certaine sorte de cinéma. Nous n’allons pas jouer aux devinettes ici, dans ce qui n’est qu’une approche rapide et stéréotypée de la question : cette rupture c’est le pas franchi dans le medium par l’action au détriment de la singularité de ce medium.*

* : On prendrait presque le problème à l’envers, tant la prédominance de l’action est aussi le fait du Nouvel Hollywood.
Fritz Lang pouvait se permettre avec son Mabuse de briser toute cohérence entre les films où il apparaît. Seul le personnage et son intérêt cinématographique comptait. James Bond est un bon exemple de cette inversion (tardive ici) : Casino Royal marque la volonté de créer une logique narrative, chose impensée jusqu’alors dans la série. Une histoire est plus simple à monter qu’une idée de cinéma. Comprendre l’action de Film de Beckett n’est pas en comprendre le sens cinématographique. Plus abordables sont les histoires ; en tout art. Le gros de la littérature vendue mélange polars, intrigues historiques, anecdotes romancées ; la fierté affichée face aux merveilleuses ventes de L’Amant de Duras n’est pas représentative, on le sait.
Il n’est pas question pour autant de dévaluer l’action, son importance dans le fonctionnement de l’imaginaire est primordiale ; qu’on se souvienne du plaisir différé à avoir entendu tant de conte dans notre enfance, et à en attendre encore. On ne va pas s’attarder non plus sur les raisons qui poussent le cinéma à s’en nourrir de plus en plus. On deviendrait vite normatif par manque de recul. Surtout que l’art moderne prend le contre-pied de cette tendance, la peinture n’a jamais été moins figurative et narrative qu’aujourd’hui (bien qu’elle ait tout de même fait de l’acte sont centre névralgique, mais passons). Gardons-nous donc des jugements sociaux-centrés et des fausses impressions.
Ce qui est intéressant est la liaison qui s’est formée entre adaptation et action. Irrémédiable dépréciation des films qui adaptent, leur manque navrant de cinéma. On en oublie que la singularité du cinéma comme art n’est pas dans la narration d’histoire, c’est-à-dire d’actes. L’action n’est pas constitutive du cinéma. Autant réduire l’opéra à son livret, le mouvement au vecteur.


Leone dans son carnet d’entretien1 (chaudement recommandable même si l’on n’aime pas son cinéma) reproche à Bergman sa propension à faire de la littérature. Il y a matière à discussion dans cette sentence mais la chose est compréhensible si on considère Scènes de la Vie Conjugale et ses six longues heures de dialogue. Le film de Bergman (en fait une mini série, qu’il faut absolument voir dans cette configuration) n’est certainement pas du cinéma à proprement parlé tant la mise en scène est réduite à l’utile et l’idée de montage inexistante. Six heures de dialogue filmés, moins de six actions autour de ces dialogues. Tout passe par les mots, accompagnés d’expressions faciales. Ce n’est d’ailleurs pas tant à la littérature que le film se rapporte qu’au théâtre. Mais sans mise en scène de l’espace non plus, ni des corps. Bergman ne pouvait pas raconter Scène de la Vie Conjugale autrement qu’en filmant, la nécessité d’être au plus prés des faciès l’interdit. Sans peut-être exploiter véritablement les singularités du cinéma, Bergman se situe malgré tout en deçà (ou au-delà) de l’histoire. Parce que l’histoire n’est pas l’intérêt du film et l’action qui la mène est d’un ordinaire confondant. L’introduction à La Communauté de l’anneau de Jackson montre plus d’acte que les six heures de pellicule de Bergman.
Quant Eisenstein reproche aux montages de Griffith d’être plus capitalistes que cinématographiques, on est encore loin, qu’on adhère à la théorie d’Eisenstein ou pas, d’une rupture entre le medium et ses formes constitutives. Lorsque Donen et Kelly donnent à Chantons sous la pluie les traits d’une comédie musicale on est toujours encore dans la nécessité de faire passer l’œuvre par le medium cinéma.
Que le medium soit devenue un accident dans le processus d’adaptation c’est ce que démontre justement la trilogie de Peter Jackson, adaptée de Tolkien.


Jackson a certainement compris la portée du Seigneur des anneaux, ou du moins a t-il compris que l’œuvre de Tolkien possédait une portée outre son histoire (et la portée se construit toujours outre l’histoire, le mythe par exemple) ; sinon, pourquoi apporter tant de soin démesuré dans la reconstitution de son background, tant d’application à faire apparaître même le plus insignifiant des détails, à retranscrire en image la moindre action des livres ? Que présente pourtant les films de Jackson, outre la ramification d’alliances et de pouvoirs, outre une lutte contre le mal et une réunion des désententes pour aller au delà de ce mal* ? Outre un panaché d’imaginaire entre tradition et récupération ? Outre une histoire haletante, suffisamment complexe par la diversité des personnages et des actions pour ravir un public qui ne serait pas touché par l’exotisme de l’univers ?

* : On ne peut pas comprendre la signification de l’œuvre de Tolkien à l’aune de son action, aussi palpitante et bien construite soit-elle. Si Tolkien lui-même passe tant de pages à pratiquer de longues observations sociales et historiques, touchant presque à de l’anthropologie d’être imaginaire, ce n’est pas tant pour donner une consistance hypnotique à son histoire que pour désaxer l’intérêt de son propos. C’est l’importance de la figure de l’elfe, figure que Jackson échoue à retranscrire dans son médium et plus certainement dans sa compréhension de l’œuvre de Tolkien.
Le livre de Tolkien est avant tout la description de la fuite au sein du monde de ce qu’il nomme "le merveilleux". La façon dont ce merveilleux s’échappe des régions humaines pour laisser l’homme dans l’age plus froid de la raison, dans l’âge où seul il est résidant et responsable du monde. Les elfes, justement, représente ce merveilleux ; période plus hypnotique du point de vue de l’homme, plus proche du divin et de la magie, où ceux qui ont affaire au monde sont moins laissés en eux même dans ce monde. Les elfes au début du seigneur des anneaux quittent les terres pour rejoindre la source du merveilleux, source qui a décidé de ne plus intervenir dans le monde. Les hommes d’emblée leur en veulent, héritant seul de la création, sans plus pouvoir demander des comptes ou de l’aide aux créateurs.
Dans la mythologie de Tolkien, le Seigneur des anneaux fait office de transition entre le troisième et le quatrième âge, "âge des hommes". Il n’est pas indifférent que Tolkien ait longuement développé dans plusieurs œuvres (posthume pour la plus part) tout l’avant du Seigneur des Anneaux (c’est à dire de la création à la fin du troisième age) mais n’est rien dit sur l’après. C’est que précisément il n’y a plus rien à dire, puisque ce quatrième âge est le nôtre et affaire d’historien plus que de littérature. Le merveilleux ou la fantaisie est toujours imagination, supposition, rêverie de notre part ; il a quitté nos terres.
Le merveilleux n’existant pas/plus dans notre monde d’homme, il doit être induit dans des mondes parallèles (la Terre du Milieu) en deçà ou au delà (la science fiction, en partie) du notre. Tolkien écrit ses livres, le serpent se mord enfin la queue.
Cela fait de livre de Tolkien une des œuvres les plus poignantes sur la mélancolie, celle d’un temps magique, à jamais perdu ou caché, où le monde avait encore quelque chose à dire sorti de nos voix, où l’aventure possédait un quelque chose d’irréductiblement sur-humain.
Sauron, le grand méchant sans corps du livre, représente non pas le mal absolu ennemi de toutes les nations comme Jackson veut le résumer mais un mal, certes, réfugié dans l’instinct. Sauron c’est la part autonome du merveilleux qui ne veut pas quitter la Terre du Milieu, rassurante, attachante en ce sens, qui résiste au choix de son créateur et dans une moindre part à celui des hommes qui voient malgré tout la nécessité qu’un âge de raison advienne. Tuer Sauron c’est dire adieu au merveilleux, c’est à la fois préserver sa vie et l’échouer dans un monde de responsabilité froide et d’absurde sans voix.
Lorsque Jackson oublie de préciser dans ses films que l’anneau d’or de Sauron préserve l’existence de ceux des elfes (anneaux magiques à travers lesquels souffle une part du merveilleux) il oublie encore le sens des livres. Tuer Sauron et détruire l’anneau c’est doublement laisser s'en aller le merveilleux.
L’hésitation de Frodon face au dénouement est celle d’un homme qui aime son ami le magicien, son compagnon nain, ses rois à la généalogie magique, et ne veut pas avoir à se passer d’eux sous des prétextes d’homme. Frodon qui détruit l’anneau, c’est aussi l’abandon de l’aventure, le retour à l’ordinaire de la raison, au quotidien social avec comme unique possibilité d’échappatoire le conte, retranscrit inventé amplifié seul dans sa maison, mourrant de ne plus participer à l’extraordinaire (c’est la figure de Bilbo). Si la fin des films de Jackson a été tant décriée (alors qu’elle est l’un des passages les plus justes) c’est certainement parce que cet aspect de l’œuvre est tu pendant les neuves heures précédentes.
Le livre, qui compte plusieurs centaines de pages après la mort de Sauron, est plus cohérent : il faut analyser la dernière échappée du merveilleux. Ainsi chaque protagoniste quitte en son temps la Terre du Milieu. Il est normal que les derniers témoins du merveilleux disparaissent avec lui. Ultime tristesse de l’âge des hommes : la figure du héro rejoint sa place au rang des mythes.



1 Noël Simsolo, Conversation avec Sergio Leone, Petite Bibliothèque des Cahiers du cinéma.



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par Armand publié dans : Humeur. communauté : Cinéma
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